Sécheresse, canicules : notre agriculture affronte un été 2026 inédit
Cet été restera dans les mémoires ! Partout en Wallonie, et bien évidemment dans nos campagnes du Brabant wallon, un même constat revient dans la bouche des agriculteurs, agricultrices, maraichers, maraichères, éleveurs et des éleveuses : cette combinaison de chaleurs extrêmes et de sécheresse prolongée n'a pas de précédent récent.
Les chiffres confirment l’impression du terrain : le taux de mortalité du bétail a augmenté de plus de 24 % avec des conséquences en cascade comme la baisse de la production et de la qualité du lait, la hausse de la mortalité embryonnaire chez les femelles gestantes, des moissons de céréales entamées avec parfois trois semaines d'avance et rendements en recul de 10 à 15 % pour le froment par exemple.
Du côté des pommes de terre, certains producteurs évoquent une perte de rendement de moitié. Les prairies grillées ont aussi contraint à déjà puiser dans les réserves de fourrage prévues pour l'hiver, fragilisant un peu plus des trésoreries déjà sous tension.
Au-delà des chiffres, c'est tout un secteur qui exprime sa fatigue face à l'accumulation des crises : dérèglement climatique, volatilité des prix, hausse du coût des intrants, incertitudes sur l'avenir.
Je mesure pleinement cette réalité, et je sais que derrière chaque donnée statistique, il y a des femmes et des hommes qui travaillent sans relâche pour nourrir notre région.
S'adapter, anticiper : une nécessité pour l'avenir
Cet été a surtout une saveur particulière : le changement climatique ne relève plus de l’hypothèse ou du débat. Il est temps de s’adapter ! Ces épisodes climatiques extrêmes ne sont plus des accidents isolés : ils s'inscrivent dans un contexte de réchauffement climatique indéniable et ils vont continuer à se répéter. C'est pourquoi l'adaptation de notre agriculture ne peut plus attendre. Il s'agit d'un chantier de fond, qui touche aussi bien les bâtiments, que les pratiques culturales ou d’élevage, la gestion de l'eau ou encore de choix de variétés.
Cela suppose un cadre clair, des moyens d'investissement accessibles et un accompagnement technique de proximité et réfléchi pour chaque exploitation.
Des solutions déjà à l'œuvre sur le terrain
La bonne nouvelle, c'est que le monde agricole ne reste pas les bras croisés. Partout, des solutions concrètes se mettent en place. Dans l'élevage, on investit dans la ventilation des bâtiments, l'accès à l'eau fraîche et la création d'ombrages dans les prairies. Du côté des cultures, on adapte les dates de semis pour que les récoltes atteignent leur maturité avant les pics de chaleur, on développe des variétés plus résistantes au stress hydrique, et l'on mise davantage sur l'apport de matière organique au sol, le paillage et l'ombrage pour limiter l'évaporation.
Autant de pistes qui méritent d'être soutenues et diffusées plus largement.
Aux côtés des agricultrices et des agriculteurs
Face à cette réalité, notre rôle de mandataires est clair : être à l'écoute et apporter un soutien concret à un secteur essentiel à notre alimentation, à notre économie locale et à l'entretien de nos paysages. Cela passe par un accompagnement dans la transition vers des pratiques plus résilientes, par une attention particulière portée aux exploitations les plus vulnérables (celles qui n'ont pas accès à l'irrigation ou à un cours d'eau, celles pour qui chaque aléa climatique pèse plus lourd sur des marges déjà fragiles) et par un dialogue permanent avec le secteur pour construire ensemble les réponses de demain.
Je veux le dire clairement à nos agricultrices et agriculteurs : votre métier reste essentiel ! Notre agriculture a déjà traversé bien des épreuves. Avec de la solidarité, du bon sens, de l'anticipation et des moyens adaptés, je suis convaincue qu'elle saura aussi relever ces nouveaux défis.



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