30 juillet 2026 : Journée mondiale de lutte contre la traite d'êtres humains
Dernière mise à jour : il y a 5 jours
On imagine souvent la traite des êtres humains comme un phénomène lointain, cantonné à des filières internationales ou à des pays où l'État de droit serait plus fragile qu'ici. C'est une erreur. La traite des êtres humains existe aussi chez nous, en Belgique, et c’est ce que nous rappelle la Journée mondiale de lutte contre la traite d'êtres humains, chaque année, le 30 juillet.
La traite des êtres humains se cache derrière des portes closes, des contrats de travail approximatifs, des situations qui, en apparence, semblent banales. Chaque année, des centres spécialisés belges accompagnent des victimes identifiées sur notre territoire. C'est précisément parce que ces crimes prospèrent dans l'indifférence et l'ignorance que la campagne internationale Cœur Bleu, portée par les Nations Unies, existe. Il faut ouvrir les yeux, informer, comprendre et permettre à chacune et chacun de repérer les signaux d'alerte.
La traite des êtres humains ne se résume pas à une seule réalité. Elle prend de multiples facettes : l'exploitation sexuelle, le travail forcé, la traite domestique — c'est-à-dire l'exploitation dans le cadre du travail ménager —, la mendicité forcée, la contrainte à commettre des activités criminelles, le prélèvement illicite d'organes ou encore le mariage forcé.
Dans tous les cas, le mécanisme est similaire ! A chaque fois, une personne vulnérable est recrutée, souvent sous de fausses promesses, puis maintenue sous emprise par la violence, les menaces, la confiscation de documents ou l'endettement, jusqu'à perdre toute possibilité de s'en sortir seule.
Le thème retenu pour l'édition 2026 de la campagne Cœur bleu est « Piégés derrière l'escroquerie ». Le but est de mettre en lumière une forme de traite en pleine expansion : la traite à des fins de criminalité forcée liée aux escroqueries en ligne. Savez-vous que des milliers de personnes à travers le monde sont recrutées via de fausses offres d'emploi alléchantes, pour être ensuite transportées vers des lieux fermés ? Là, elles sont contraintes, sous surveillance, violence et système de quotas, à exécuter des arnaques numériques : fausses relations amoureuses en ligne destinées à soutirer de l'argent, escroqueries liées aux cryptomonnaies, faux investissements.
Ces travailleuses et travailleurs forcés ne sont pas les auteurs de la fraude : ils et elles en sont les premières victimes, piégés dans des conditions de quasi-esclavage moderne pour enrichir des réseaux criminels organisés. Ce phénomène était marginal il y a dix ans, mais représente aujourd'hui une part croissante des victimes de traite détectées dans le monde.
L’autre donnée essentielle qui est à garder en tête : selon les chiffres des Nations Unies, 61 % des victimes de traite identifiées dans le monde sont des femmes et des filles, très majoritairement exploitées à des fins sexuelles. Ce chiffre rappelle que la traite des êtres humains est aussi, structurellement, une violence de genre, qui s'ajoute à d'autres formes de vulnérabilité économique et sociale.
Face à ces réalités, notre responsabilité est collective. Les entreprises ont un rôle à jouer en restant vigilantes sur leurs chaînes d'approvisionnement et leurs sous-traitants. Les associations et les ONG constituent un maillon indispensable de détection, d'accompagnement et de plaidoyer. Et chaque citoyen, chaque citoyenne, a un rôle à jouer simplement en restant attentif à son entourage, en s'interrogeant face à une situation qui semble anormale, et en osant signaler ce qui doit l'être. La traite ne recule que lorsque le silence recule.
En Belgique, un réseau structuré existe pour informer, orienter et protéger. Les centres spécialisés PAG-ASA (Bruxelles), Payoke (Anvers) et Sürya (Liège) accueillent et accompagnent les victimes.
Toute personne — victime ou témoin — peut contacter le numéro unique 078 055 800, ou trouver de l'information et de l'aide sur le site stophumantrafficking.be qui est pensé pour la sécurité des personnes qui le consultent. Se renseigner, relayer l'information, rester attentif : chacun, à son échelle, peut contribuer à faire reculer ce fléau encore trop invisible.



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